Un grand professeur en neurosciences a créé des molécules qui rendent amoureux.
Depuis le temps qu’on en parle dans les films de science-fiction, il était temps !
Ceux qu’on appelle les exclus du champ social se sont précipités pour en acheter et les gens malheureux aussi, même s’ils avaient un peu peur.
Au bout de quelques mois, une grande partie de la population était en couple.
Seulement, dans un petit carnet du professeur, il est écrit que c’est un placebo.
Auteur réel : Miss Pomme


Le mythe de la santé parfaite nous fait-il confondre remède et poison ?
Auteur réel : Anonyme


Pas envie d’écrire ! Juste envie de rêver, de laisser les émotions blotties bien à l’intérieur. Repos cérébral.
J’aurais bien besoin d’un petit stimulant, histoire de ma propulser !
Je suis bien là. Dans le « ici et maintenant ». Je ferme les yeux. EN AVANT !
Tiens, sur le quai s’agitent quelques navigateurs prêts à d’embarquer au large.
Les rats gigotent sur les docks. L’amygdale, heu, l’amiral brade une place à bord.
Une fraction de seconde, et tac, le cortex frontal me propulse vers une nouvelle aventure !
J’accepte. Rien à perdre. J’ai, soudain, soif d’ailleurs…
Il paraît que là-bas, dopamine, modaline, prozac, sérotonine sont des esprits qui habitent les plantes. Plusieurs rituels bien particuliers, permettent de les ingurgiter et d’en décoder les messages. On perçoit en premier lieu la substance noire, suivie d’un code couleur tamisé, propre à chacune de ces plantes mystérieuses.
Pour accéder à ce savoir, un passeur, soutient un vieil esprit doté de pouvoirs de perception aigus.
Ce sont systématiquement des hippocampes.
Contente de m’ouvrir à cette nouvelle dimension ! Emue aussi.
Hey, mais non, attendez, BOUM, je rouvre les yeux et me retrouve face à la table bleue de nuit de cet endroit surprenant.
Je crois que tout ce rêve provient du prozac dans le robinet.
Et si le prozac inspirait ?
Auteur réel : Clairon


Dans les méandres du Styx
Naquit un être androgyne
De sa main s’écoulait
Une substance noire, bouillonnante

Le bonheur du monde s’évapora
Laissant place à la molécule Prozac

Le talon d’Achille de l’humanité
Fut tranché sans remords
Auteur réel : Etienne Boin


Elle se réveilla un matin, et souleva le rideau de sa fenêtre, de sa vie.
Il fallait qu’elle arrête, tout ! Le prozac et autres pilules miracles lui promettant paradis, mots et merveilles.
Elle y était, elle marchait dans cette substance noire, enfonçant ses pieds dans le sable sans jamais trouver enfin les rives du Styx qu’on lui promettait depuis si longtemps.
Aujourd’hui, elle avait le choix, elle le sentait enfin !
Les molécules ne lui permettraient jamais d’avoir cette impression d’une vie en rose, qu’elle n’avait même pas connu étant enfant !
Comment saurait-elle alors quand cela serait le bon moment, sans se lancer d’abord à l’aveuglette ?
Elle allait sauter le pas, pas celui du suicide, non, celui de la vie, sans aide médicale !
Auteur réel : Addy


Luttons pour notre substance noire !
Luttons contre l’endormissement de notre société. Aujourd’hui, le XIU nous vole nos émotions, nos peurs.
Soyons le promoteur de notre humanité et réveillons-nous !
Cessons de nous conformer et refusons la prise matinale conseillée du neuroleptique 84-9 et la prise hebdomadaire préconisée de l’anxiolytique 73-55.
Reprenons en mains nos émotions réticulaires !
Unissons-nous et libérons-nous de ce monde de fiction !
Auteur réel : Anonyme


Les robots n’ont pas de pathologie contrairement à l’espèce humaine.
Pour vaincre les maladies, les neurosciences font des recherches et inventent des molécules.
Le but n’est pas de parvenir à une santé parfaite, mais de trouver des remèdes qui permettent aux malades de mieux évoluer dans leur champ social.
En conséquence, une personne ayant subi un choc et ayant des symptômes post traumatiques ne doit pas forcément être anesthésiée !
Auteur réel : Anonyme


Des feuilles mortes voltigeaient dans le vent, ma connexion Internet s’était plantée et je distinguais une substance noire qui lentement glissait du sol dans ma direction. Une vague de stress me submergea, mon adrénaline explosa et je cherchais d’une main tremblante ma boîte de bêtabloquants dans l’armoire à pharmacie.
Un rat velu m’observait, juché sur ses deux pattes arrière. Il trônait sur le scanneur de mon ordinateur. Ses moustaches frétillaient. Son œil droit était cousu de fil blanc.
De la substance noire surgissaient d’autres animaux : des mygales, des hippocampes et des chatons. Tous se rapprochaient de moi en se livrant à des mouvements saccadés.
Je trouvais mes bêtabloquants que j’absorbais avec un verre de limonade.
Ma connexion Internet se rétablit…
Auteur réel : Jean-Luc Dalmasso


Le choix de vivre dans un paradis rose sans Prozac
L’enfer noir des suicidés par substances létales

La femme
L’homme

Le bonheur est-il dans le scepticisme absolu ? Dans la recherche d’unité ?
Dans l’androgynie ou la dichotomie des jeunes ?

Voguons sur le Styx de nos lianes neuronales, de nos lianes gliales,
La recherche de conciliation…
Auteur réel : Anne Bernard


21 se réveille avec effroi, le corps ruisselant. Une sueur mauvaise, celles des cauchemars, perlait doucement sur sa peau comme ce poison qu’il prend se déverse en lui et finit toujours par le laisser dans cet état. Les avancées de la société, notamment en neurosciences avaient transformé le monde dans lequel il vivait ou tentait de survivre.
Et ce monde existe-t-il vraiment ?
Les remèdes créés, développés pour résoudre à tout comme le contrôle de la libido qui fut il y a quelques siècles le point de départ de cette société sans retour, finissaient par le faire douter.
N’est-il pas plutôt dans une réalité virtuelle, complètement artificielle ?
La société friande de contrôles avait poussé les sciences à la création, les artéfacts déterminant devenant des drogues nécessaires pour supporter la vie, être le meilleur.
Ah le déterminisme ! Pourquoi ce courant de pensée du vieux monde avait persisté ?
Il ouvra les yeux, son bras lui faisait mal. Demain, il irait à l’hôpital se le faire remplacer. Satané robot ! Il est écoeuré de lui-même...
Auteur réel : Plum


Le bonheur a son prix
S’il suffisait à un sans domicile fixe de prendre un prozac pour voir la vie en rose, la neuroéthique aurait trouvé la recette du bonheur à elle seule. La molécule magique qui permettrait à l’homme d’être "parfait" n’existe pas encore...
Mais réfléchissons. Pourquoi mon voisin est-il plus intelligent que moi ? Parce qu’il a une tête plus grosse comme le pensait Young ? Sûrement pas. Il faut savoir que chaque être est libre de se construire à son image. La liberté se construit en amont de la décision.
La connaissance est à ma portée si je le veux. Le bonheur est donc dépendant de la liberté, mais ce n’est pas encore un droit. Il faut se demander jusqu’où la neurologie pourrait aller pour rendre les gens heureux.
Auteur réel : Anonyme


La dopamine venait de naître. Sa mère, Prozac, s’éteignit. Livrée à elle-même, elle se perdit dans le cortex cérébral, en pestant que ce serait bien plus pratique si tout était déplié et posé à plat tel un foulard Hermès !
Le chemin fût venteux jusqu’à l’amygdale, et puis, il y avait cette chose qui le suivait. Bêtabloquant ! Il ressemblait à sa mère. C’est étrange mais c’est comme ça ! Il lui rappela donc sa mère et la souffrance de la voir s’effacer, mais il fallait être courageuse. Elle était Dopamine, tout de même ! Et puis la loi neuroéthique refusait toutes les camisoles, éthiques ou physiques. Accepter la souffrance. S’accepter soi, tel que nous sommes, avec nos émotions- amies- accompagnatrices- constructrices. Accepter de faire partie de la réalité virtuelle.
Auteur réel : Cynthia Mondon


Les rats ébouriffés ont soif, leurs petites pattes engluées dans la substance noire qui s’écoule de leur cerveau. Ils s’agitent dans la lumière crue du laboratoire d’hôpital, la souffrance est partout. Les klaxons des embouteillages parviennent étouffés. Un petit chat à la paupière cassée a mal à son cortex, foulard Hermès qu’ont déployé les bouses blanches pour faire de belles photos : bleu pour le froid, violet pour le cœur de la flamme de l’agitation animée, triangles qui poursuivent des ronds dans une course folle.
Une petite fille dans le couloir récite une poésie :
« Dopamine, créatine, neuroadrénaline,
Lexomil, mode final, acétate,
Promoteur méthylé, protéine… »
A-t-on le choix ?
Dans l’usine à fabriquer les rêves que représente son cortex préfœtal, elle imagine qu’un jour les rats cesseraient de courir, apaisés.
Auteur réel : Silvydie


Ce matin, je me suis réveillé avec un désir de toute puissance, une envie post-traumatique de tout appréhender, tout posséder, tout contrôler.
Ce matin, je me suis réveillé « survitaminé », l’humeur dopée à la dopamine.
Finies la détresse et l’apathie. Finie l’ascèse : velléités consuméristes, je vous convoque, je vous invoque. Ce matin plein d’artéfacts, je l’ai voulu boulimique, biotechnologique, à la fois virtuellement réel et réellement virtuel.
Ce matin, finies les vacances perpétuelles. Place au levain néo-libéraliste. Mon poison, mon remède, je vais me l’ingérer par inhalation de techno sciences et de neuro technologie.
Ce matin, je suis auto, je suis robot.
Ce matin, je me réveille.
Ce matin j’entame ma petite mort.
Auteur réel : Sylvain Altazin


Laboratoire du Docteur Crimpo.
Depuis des semaines, Fenivia ne connaît que ce lieu. Dopamine, neuroleptiques et autres substances chimiques sont son quotidien.
A la manière d’un robot, elle ingère toutes sortes de molécules. Un moyen selon le docteur de modifier et d’améliorer le champ social mais ce n’est pas si sûr...
Auteur réel : Fénivia


Neuroleptiques,
Anxiolytiques,
Moustiques,
Délires mystiques.
Elle en voit de toutes les couleurs,
La petite infirmière de l’hôpital psychiatrique.
Auteur réel : Matt A

Le cabinet du Docteur M. était, ces derniers temps, envahi par toute une foule de patients angoissés et dépendants, venus satisfaire leur ultime besoin, résultat d’une longue dérive, d’un cercle lent et vicieux, le besoin de maladie.
Les uns attendent le poison qui les délivrera, les autres cherchent un remède à leur bonne santé.
Tous n’ont qu’un seul but : trouver un mal qui leur corresponde.
Auteur réel : Simon Duflos



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